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THÉÂTRORAMA

 

CAFI, retour en Indochine

 

Brûlant hommage à la mémoire des rapatriés d’Indochine, Cafi aborde avec une délicatesse et une justesse rares le récit de vie de ces oubliés de l’histoire, français sans l’être, rendus étrangers dans le pays même qui les a vus naître, le Vietnam, et qu’on a parqués à la défaite de la guerre dans des camps militaires en France. 

 

Vladia Merlet qui a écrit le texte et qui l’interprète dépose dans un écrin de poésie une fable poignante et cruelle. Celle d’une histoire passée sous silence. L’alchimie de la création collective de Cafi ne pouvait pas mettre en lumière plus sensiblement et plus humainement ces morceaux de vies. Le concours d’une musique soignée, au service du jeu, d’une scénographie superbement sobre, d’une lumière tout en finesse, sous l’orchestration générale de Georges Bigot, donne naissance à un instant de grâce inoubliable.

 

La vie des “rats pas triés”

 

Évoquer des épisodes comme celui des rapatriés d’Indochine ou celui des Harkis, c’est donner au théâtre un rôle politique mais surtout social et humaniste. C’est le chemin que nous propose CAFI, avec un regard tendre et une humilité qui appelle le respect. La scénographie nous transporte et nous invite au voyage. Le camp de Sainte Livrade est dessiné avec une précision qui fait froid dans le dos. Vladia Merlet égraine les chapitres un à un de la pièce dans un crescendo saisissant d’émotions. Le talent ne lui manque pas plus que la précision. Le jeu est pur, la voix est sincère. Les personnages nous apparaissent comme des évidences méconnues. L’humour ne manque pas non plus, et toujours servi par une poésie à fleur de peau. Cafi est une pièce résolument contemporaine qui s’adresse à tout le monde. Les spectateurs ne sont plus seulement des spectateurs mais les témoins d’un tour de magie, des enfants qui découvrent une histoire avec émerveillement et stupéfaction. A de nombreux moments on a le souffle court. Les mots manquent pour traduire une aussi parfaite harmonie entre des artistes accomplis et brillants. Les applaudissements durent. Le silence qui suit est puissant. Peu après on s’interroge. Cela est il vrai ? Cette histoire, est-elle notre histoire ? Est-ce que Sainte Livrade existe vraiment ? Le spectacle est étourdissant. 

 

 

le 2 octobre 2011, Par Paul Barthe


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MOUVEMENT

 

Compte rendu - Retour en terre inconnue - CAFI, de Vladia Merlet

 

Le récit de Louise reste pur, sa voix, son visage reste lumineux, malgré la dureté de sa vie. Rien ne semble pouvoir entamer sa force de vie.

 

Louise, la petite fille qui raconte, et qui grandit à mesure qu’elle parle, Louise, c’est Vladia Merlet, une actrice de grande envergure, légère et douce, et pourtant très déterminée. C’est elle qui a écrit le texte. Elle le porte à la scène comme un griot africain, en toute simplicité. La mise en scène de Georges Bigot, discrète et bienveillante, l’accompagne sobrement. Jeux d’ombres, dialogue avec la musique (David Cabiac), apparitions fantomatiques, allégories du pays abandonné, mais toujours présent dans les rêves de la petite Louise. Comme dans les veillées du siècle dernier, toute la famille se rassemble pour l’écouter. Ce soir-là, dans la salle du Théâtre de l’Opprimé, il y avait des anciens du CAFI, qui venaient écouter leur histoire, bouleversés par tant de vérité passée sur la scène. En sortant du théâtre, ils disaient : « Tout ce qu’elle dit est vrai. »Un vrai moment de théâtre, qu’on aimerait voir et revoir sur les scènes de France.

 

 

Le 5 octobre 2011, par Bruno TACKELS

http://www.mouvement.net/critiques/critiques/retour-en-terre-inconnue 



 

Coup de coeur’ du site de critiques théâtrales :

 

Un Fauteuil pour l’Orchestre

 

 

Une écriture contemporaine pour un théâtre humanitaire

 

La mise en scène de Georges Bigot est discrète et toute en nuance et subtilité. Il est un digne successeur de Jean-Louis Barrault (1910-1994). Tout comme lui, il vit le théâtre au présent, et sert cet art total avec talent, pour faire résonner les émotions de la vie. Du théâtre d’ombres, au théâtre d’objets, en passant par le conte et la poésie. Ce théâtre qui fait avec peu de moyen est riche d’inventions et d’humanité. On sent dans la direction d’acteur une écoute et un respect réciproque. Ce qui fait que l’auteure et comédienne Vladia Merlet est tout simplement prodigieuse. Sa dextérité à passer d’un personnage à l’autre, et d’être la narratrice de l’histoire est prodiguée avec une grande agilité. Du côté de l’ombre on voyage, et dans la lumière on s’attendrit de la justesse de sa sincérité. Cafi est un grand coup de cœur, c’est un théâtre altruiste qui cherche le progrès de l’homme sans effet, ni esbroufe. Georges Bigot croit que le théâtre peut faire évoluer les mentalités et nous lui donnons raison. Il est important de voir non pas un spectacle, mais ce que peut faire le théâtre quand il donne le meilleur de lui-même.

 

Par Dashiell Donello

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LE THÉÂTRE DU BLOG

 

 

La comédienne est la fillette qui va grandir mais elle est aussi la mère digne qui va vieillir, le frère, les amies, les voisines, elle dévoile les espoirs et les désillusions . Elle est fine, précise, et les mots claquent sur ses lèvres.  Le spectacle est « mis en scène collectivement » sous la houlette de Georges Bigot avec simplicité, invention, sensibilité et poésie.

 

Des draps tendus , des ombres chinoises, de la musique live, des chapeaux, un masque vietnamien , un dragon agité , un coffret où la mère a enfermé des graines pour refaire au loin un jardin…. Du jeu, beaucoup; parfois de la lecture, ou des confessions  les yeux dans les yeux .  Et l'émotion serre la gorge . Ce spectacle-hommage à ces oubliés de l'histoire est bouleversant: il informe mais évoque aussi tous les exils.  Il faut - vite - aller le voir.

 

Le 24 septembre 2011, par Béatrice Picon-Vallin

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LE PARISCOPE

 

Théâtre- La critique de larédaction

 

Pour raconter l’histoire de ce personnage pris entre ces deux mondes, l'auteur et comédienne, Vladia Merlet incarne tour à tour les différents protagonistes de son récit : Louise, mais aussi son frère, sa mère, ses voisines, ses amies. Expressive et sensible, la jeune femme nous livre une interprétation remarquable, fruit du travail de direction de Georges Bigot qui habille les mots de son actrice par une mise en scène inventive et poétique. Théâtre d'ombres, voix-off et surtout musique live jouée presque sans interruption, accompagnent le propos et l’émotion de la narratrice. Autant de procédés scéniques qui font de cette création, un hommage visuel et vibrant à une population tiraillée et (trop) longtemps oubliée.

 

Par Marianne Cousseran

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